La physique, la météorologie, la biologie, l'archéologie, Claude Johnson a touché à tous ces domaines. Il a même été marin ! Et l'informatique dans tout ça ? D'abord un élément de sa formation scientifique, c'est devenu ensuite un hobby, puis enfin un métier. Il a réalisé plusieurs croyant ce que plusieurs croyaient impossible, comme adapter la technologie Télidon sur micro-ordinateur.
Ses produits se sont avérés tellement intéressants qu'ils ont donné naissance à une compagnie: Formic, Inc., qui compte actuellement huit employés et dont le chiffre d'affaire atteindra cette année le million.
Une rage d'apprendre
L'idéal de Claude Johnson aurait été de pouvoir aborder un champ d'étude par année. Après avoir complété un bac en physique, il entreprend successivement deux projets de maîtrise: un en biophysique, qu'il abandonne bientôt pour l'archéologie. Mais comme son éclectisme lui cause certains problèmes sur le plan de la gestion de ses études, il décide de s'orienter autrement en participant à des cours en météorologie. Les cours l'emballent, mais le travail qu'on lui offre ensuite beaucoup moins.
Passionné des voyages, Claude Johnson parvient à se faire embaucher sur les navires de la marine marchande. «Ça payait bien, dit-il, et ça m'a permis de prendre de longues vacances pour voyager à mon aise». Il a été en Europe, en Asie et au Pérou, où il a rencontré sa future femme.
Entre tous ses déplacements, Claude Johnson ne se chôme pas. Il va enseigner la biologie à Sept-Îles durant un an et revient ensuite à Montréal où, après avoir obtenu un certificat en enseignement, il donne des cours du soir en informatique.
Le club Apple et Vidéotron c'est avec l'arrivée des micro-ordinateurs qu'il développe vraiment son goût pour l'informatique et qu'il en fait sa principale activité. La fondation, il y a cinq ans, d'un club d'amateurs de micros Apple y est pour quelque chose. Ce club réunissait quelques personnes, dont plusieurs professionnels de l'informatique, qui voyaient le micro-ordinateur comme un hobby et qui souhaitaient mettre en commun leurs expériences et leurs découvertes. C'est l'occasion pour Claude Johnson d'approfondir ses connaissances par rapport au nouvel outil, ce qui lui mène bientôt à explorer le domaine de l'électronique et des circuits logiques. Il fait si bien que l'Université du Québec n'hésite pas à l'engager pour qu'il poursuive ses recherches au département de l'informatique.
À ce moment là, rappelle-t-il, les bons programmeurs sur micro étaient rares et lorsque je me suis retrouvé chez Vidéotron pour mettre sur pied le département d'informatique, j'étais mon seul patron. Chez Vidéotron, il invente des jeux et traduit des logiciels américains dans le cadre d'une expérience de diffusion à des abonnés via une ligne téléphonique.
Par ailleurs, on y expérimentait la transmission de vidéotex par câble, selon le protocole graphique de création de pages Télidon, alors en plein développement. Chargé d'utiliser le micro-ordinateur et de reproduire un semblant de Télidon sur le câble en attendant la mise en place d'une technologie plus coûteuse, Claude Johnson a de nouveau trouvé le moyen d'expatier tout le monde. Lorsqu'on s'est rendu compte de la qualité du «semblant Télidon» qu'il avait créé sur micro, on lui a confié la tâche de pousser plus loin ses recherches dans le sens d'une adaptation pure et simple de Télidon sur micro-ordinateur Apple. Cela impliquait la création de logiciels particuliers remplaçant ce qui pouvait se faire sur de plus gros systèmes, tel Norpak, et de les rendre compatibles avec les standards.